02 mai 2010 - 5ème Dimanche de Pâques C

Sur l’usage de l’adverbe « comme » dans l’évangile de Jean, il y aurait matière à écrire tout un bouquin. Dans la 2ème partie de l’évangile, après qu’il ait montré l’art de mettre la joie aux noces, de s’ouvrir à la samaritaine, de nourrir la foule affamée, de pleurer sur Lazare ou de guérir l’aveugle-né, Jésus multiplie les comparaisons comme pour inciter les disciples à imiter son style : au lavement des pieds,«faites comme moi» ; à propos de la vigne, «demeurez en moi comme...» ; «Qu’ils soient un comme...», etc... Le discours inverse est tellement plus simple et tentant : faites ce que je dis mais pas comme je fais.

Aujourd’hui, Jésus parle aussi de glorification. Et la gloire, c’est une question de poids : le poids financier ou sur l’échelle sociale, la «cote de popularité» voilà qui vous nimbe bien vite d’une gloriole ; mais gloire combien fragile: une crise financière, un buzz et parfois tout ce château dégringole. Mais Jésus assure d’une autre gloire ceux qui font comme lui : celle du cœur, du poids d’une vie totalement donnée que ni la croix, ni l’opprobre d’une trahison n’ont réussi à entamer. Cette intelligence du cœur, nous en rencontrons autour de nous qui savent parfois en témoigner par un bonjour tout simple, par un sourire au bon moment qui pèse bien souvent plus que de l’or.

Faire comme Jésus, c’est finir par lui ressembler tellement que nous puissions inviter les hommes à faire comme nous. En aurions-nous l’audace ? C’est cependant l’unique condition pour que l’évangile continue d’être un message vivant et aussi la condition pour que naissent les cieux nouveaux et la terre nouvelle. Aimez-vous comme je vous ai aimés ! Tout un programme...

Léonard KATCHEKPELE

 

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